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L'accord de souveraineté sur les Chagos entre le Royaume-Uni et Maurice au point mort

Al Jazeera English•3 min read•2 oct. 2026•Updated: il y a 10 j•REF: OPA-261002-6SX
L'accord de souveraineté sur les Chagos entre le Royaume-Uni et Maurice au point mort

Points Clés

  • Le traité de 2025 entre le Royaume-Uni et Maurice sur la souveraineté des Chagos est au point mort en raison de retards législatifs et de l'opposition de Donald Trump.
  • Environ 1 400 à 1 700 Chagossiens ont été expulsés de force entre 1968 et 1973, et les survivants sont aujourd'hui âgés de 58 à 100 ans.
  • Le gouvernement britannique n'a pas réussi à faire adopter la législation de mise en œuvre nécessaire lors de la session parlementaire 2024-2026, laissant le traité sans force juridique.
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Le traité tant attendu visant à rendre l'archipel des Chagos à Maurice, signé en mai 2025, reste dans une impasse diplomatique, laissant les Chagossiens déplacés dans une course désespérée contre la montre. Pour les survivants âgés de l'expulsion forcée entre 1968 et 1973, l'échec de la mise en œuvre de l'accord signifie que leur rêve de retourner sur leur terre natale avant de mourir s'estompe. Bien que le traité ait été conçu pour restaurer la souveraineté mauricienne tout en maintenant la base militaire anglo-américaine de Diego Garcia, l'opposition politique, notamment celle du président américain Donald Trump, a effectivement bloqué le processus législatif.

Olivier Bancoult, du Groupe des réfugiés des Chagos, souligne le coût humain de ces retards, notant que les habitants d'origine sont désormais âgés de 58 à 100 ans. Malgré l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice de 2019 et l'arrêt du Tribunal international du droit de la mer de 2021 confirmant leurs droits, le parcours législatif au Royaume-Uni s'est heurté à un mur. En avril, le gouvernement britannique a confirmé que le projet de loi de mise en œuvre nécessaire n'avait pas été adopté au cours de la session parlementaire 2024-2026, laissant l'accord sans force juridique à la fin de 2025.

Le contexte historique de ce différend remonte à 1965, lorsque la Grande-Bretagne a séparé l'archipel de Maurice pour établir une présence militaire stratégique. Entre 1968 et 1973, environ 1 400 à 1 700 résidents ont été expulsés de force, créant une diaspora dispersée entre Maurice, les Seychelles et le Royaume-Uni. Ce déplacement les a non seulement dépouillés de leurs terres, mais a également fracturé leur identité culturelle, menant à des luttes continues pour préserver leur langue créole et leurs traditions uniques, que des chercheurs comme Chrisyl Wong-Hang-Sun estiment être de plus en plus menacées de disparition définitive.

Les ramifications de cette impasse sont profondes, affectant non seulement la population déplacée mais aussi la stabilité géopolitique de l'océan Indien. Alors que le gouvernement mauricien continue de mener des discussions diplomatiques privées avec Londres, des divisions internes sont apparues au sein même de la communauté chagossienne. Certaines factions, soutenues par des entités politiques comme Reform UK, préconisent une voie de réinstallation différente sous souveraineté britannique plutôt que mauricienne, compliquant le front uni que le Groupe des réfugiés des Chagos a maintenu pendant des décennies face au droit international.

À l'avenir, les experts suggèrent que le sort de l'archipel dépend d'une pression diplomatique soutenue de haut niveau plutôt que de gestes symboliques. Le consultant Bruno Donat souligne que Maurice doit tirer parti de ses relations avec l'Union africaine et le Commonwealth pour forcer une résolution. En fin de compte, l'urgence reste humanitaire ; alors que la génération des aînés continue de diminuer, la fenêtre pour un retour significatif se referme. La question de savoir si le Royaume-Uni et les États-Unis peuvent concilier leurs intérêts militaires stratégiques avec les droits humains fondamentaux du peuple chagossien reste la question déterminante de cette lutte prolongée.

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Mohammad KaramaliStaff Journalist

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