L'ONU met en garde contre l'aggravation de la crise alimentaire au Yémen en plein conflit

Points Clés
- Le PAM rapporte que dans les ménages moyens de quatre personnes, trois individus doivent sauter des repas en raison de l'insécurité alimentaire.
- Environ 150 000 personnes ont été déplacées ces derniers mois en raison de l'intensification du conflit.
- La capture du port de Mokha par les Houthis a considérablement affecté la sécurité régionale et les routes maritimes de la mer Rouge.
Le Programme alimentaire mondial (PAM), une agence des Nations Unies, a lancé vendredi un avertissement sévère concernant la détérioration rapide de la sécurité alimentaire au Yémen. Alors que les hostilités militaires s'intensifient, un nombre sans précédent de civils se retrouve dans l'incapacité d'assurer leur subsistance de base. Cette poussée de violence représente l'escalade la plus significative entre les rebelles houthis et les forces soutenues par l'Arabie saoudite depuis la trêve historique de 2022, menaçant de plonger le pays dans une catastrophe humanitaire plus profonde.
Matthew Hollingworth, directeur exécutif adjoint du PAM, a souligné la gravité de la situation, notant qu'en quelques semaines, un nombre record de personnes dans les territoires contrôlés par le gouvernement perdra la capacité de répondre à ses besoins nutritionnels. Les données actuelles suggèrent que dans un ménage moyen de quatre personnes, trois individus sont déjà contraints de sauter des repas quotidiennement. Parallèlement, l'ONU rapporte que les récents combats ont déplacé environ 150 000 personnes, exacerbant la vulnérabilité d'une population estimée à 10 millions d'habitants dans les zones contrôlées par le gouvernement.
Historiquement, le conflit a été défini par la lutte stratégique pour Taïz, la troisième plus grande ville du Yémen et sa capitale culturelle. Depuis que les Houthis ont été chassés de Sanaa en 2015, ils ont tenté à plusieurs reprises de capturer Taïz, qui se situe à un carrefour critique entre les zones contrôlées par les Houthis au nord et les bastions gouvernementaux au sud. La ville est restée un point focal de la guerre, entourée par des lignes de front qui ont connu des affrontements intermittents mais brutaux pendant près d'une décennie, divisant effectivement la ville en secteurs contestés.
Les ramifications de cette violence renouvelée sont profondes, affectant à la fois les civils locaux et la stabilité régionale. Les récents engagements militaires ont fait environ 80 victimes au cours des seules dernières 24 heures, alors que les avions de combat gouvernementaux ont lancé 20 frappes aériennes contre des positions houthies. La capture du port stratégique de Mokha par les forces houthies le 10 septembre a encore modifié l'équilibre des pouvoirs, accordant aux rebelles un meilleur contrôle sur la côte de la mer Rouge et menaçant les routes de transit maritime vitales près du détroit de Bab el-Mandeb.
À l'avenir, les analystes préviennent que l'effondrement de la trêve de facto de quatre ans pourrait avoir des conséquences économiques mondiales. La présence accrue des Houthis près du détroit de Bab el-Mandeb, une artère critique pour l'énergie et le commerce international, a déjà contribué à la hausse des prix du pétrole. Alors que le paysage militaire évolue, la communauté internationale reste préoccupée par le fait que l'absence de résolution diplomatique conduira à une période prolongée d'instabilité, mettant davantage en péril les voies de navigation mondiales et aggravant la crise de la faim pour des millions de Yéménites.
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Source Dépêche
This report was synthesized from BBC Persian under journalistic fair use.
