De l'exécution de Saddam à la montée et à la chute de l'EI : Des images saisissantes illustrent les deux décennies américaines en Irak alors que les dernières troupes partent aujourd'hui

Points Clés
- L'invasion dirigée par les États-Unis a débuté le 20 mars 2003, avec 45 000 soldats britanniques et des centaines de milliers de militaires américains.
- Les pertes officielles de la coalition ont atteint près de 5 000 morts, tandis que les pertes civiles et combattantes irakiennes sont estimées à des centaines de milliers.
- Le retrait final des troupes américaines en 2026 soulève de vives inquiétudes quant à l'influence iranienne croissante et à la résurgence potentielle de groupes extrémistes comme l'EI.
À 5h34 précises le 20 mars 2003, les forces de la coalition dirigées par les États-Unis ont lancé une invasion militaire surprise de l'Irak, marquant le début d'un chapitre transformateur et sanglant de l'histoire du Moyen-Orient. L'assaut initial a impliqué des centaines de milliers de soldats, dont 45 000 troupes britanniques, qui ont déferlé sur la nation pour renverser le régime du dictateur Saddam Hussein. Cette opération militaire monumentale, qui a débuté sans fanfare ni avertissement formel, a fondamentalement modifié le paysage géopolitique de la région, préparant le terrain pour des années d'occupation, d'insurrection et de conflits internes qui allaient définir les deux premières décennies du XXIe siècle tant pour le peuple irakien que pour la communauté internationale.
Le coût humain du conflit reste un sujet de débat intense et de sombre réflexion. Alors que les registres officiels confirment le décès de près de 5 000 membres de la coalition, dont 179 militaires britanniques, le bilan total des civils et des combattants irakiens est estimé à des centaines de milliers. L'ancien président américain George W. Bush, soutenu par le Premier ministre britannique Tony Blair, a justifié l'invasion en invoquant la présence d'armes de destruction massive et des liens présumés avec Al-Qaïda. Ces affirmations se sont révélées fausses, mais elles ont servi de catalyseur principal à la destitution de l'autocrate et à l'installation ultérieure d'un gouvernement dirigé par les chiites, qui a lutté pour maintenir la stabilité au milieu de la violence sectaire.
Après la capture et l'exécution de Saddam Hussein en 2006, l'armée américaine est restée profondément ancrée dans le pays, menant une campagne de contre-insurrection épuisante. Le retrait initial en 2011 fut de courte durée, les forces américaines étant revenues moins de trois ans plus tard pour aider les troupes irakiennes dans la guerre existentielle contre l'État islamique (EI) de 2014 à 2017. Cette période a été caractérisée par des guerres urbaines intenses, la destruction de villes historiques comme Mossoul et Falloujah, et l'émergence de divers groupes paramilitaires, dont le Hachd al-Chaabi, qui sont depuis devenus des acteurs importants sur la scène politique irakienne.
Alors que les dernières troupes américaines quittent leurs bases restantes aujourd'hui, les ramifications de ce retrait se font sentir dans toute la région. De nombreux experts en sécurité avertissent que le vide de pouvoir laissé par le départ des États-Unis pourrait être une aubaine pour l'Iran voisin, qui a cultivé une influence profonde au sein des structures politiques et militaires de l'Irak. Le retrait, convenu en 2024 sous l'administration Biden et exécuté pendant une période de tensions régionales accrues, a suscité des craintes que les alliés de Téhéran n'obtiennent toute latitude, permettant potentiellement aux restes de groupes extrémistes comme l'EI de faire un retour dangereux.
En regardant vers l'avenir, l'héritage de la guerre en Irak reste complexe et profondément contesté. Si certains considèrent l'élimination de Saddam Hussein comme une libération nécessaire, d'autres voient les décennies suivantes comme une période d'opportunités manquées et d'instabilité profonde. Avec le départ des derniers convois américains, l'avenir de l'Irak est en suspens, dépendant de sa capacité à naviguer entre les divisions sectaires internes et les pressions extérieures des puissances régionales. L'impressionnant dossier visuel de ces deux décennies — du renversement des statues sur la place Firdos aux ruines de Mossoul — sert de rappel brutal des conséquences durables de l'intervention militaire.
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Source Dépêche
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